Jeudi 10 janvier 2008

undefined D'une longueur de 85 à 97 cm pour une envergure de 170 à 192 cm, le Fou de bassan niche en colonie sur les côtes rocheuses et abruptes et des îlots de l'Atlantique Nord. En période de migration, il gagne les côtes ouest de l'Afrique où l'ouest de la Méditerranée. A l'automne, il est abondant le long des côtes d'Europe occidentale. Il construit son nid d'algues, dans des infractuosités de rochers ou sur corniches de falaises.

Sa grande taille, ses ailes longues et étroites et son vol typique (battements assez amples et réguliers, coupés de brefs planés) le rende facilement reconnaissable.


Fou de bassan adulte

Ces oiseaux plongent spectaculairement de 10 à 40 m de hauteur, en piqué, ailes en arrière, et disparaît un instant.

Les adultes sont blancs avec la tête beige jaunâtre et le bout des ailes noir. En 4ème hiver, l'individu est comme l'adulte mais les rectrices médianes et quelques secondaires sont noirs. Au 3ème hiver, la plupart des rectrices et des rémiges  sont noires, mais parsemées de blanc. En 2ème hiver, le dessous et la tête sont blanc, de même que les sous-caudales. La calotte est souvent sombre en partie et l'arrière du cou nettement pâle. Les juvéniles  sont entièrement gris-brun avec le sus-caudales blanchâtres. Leurs cris sont rauques et peu mélodieux.

La haute mer est l'élément des Fous de Bassan qui ne viennent sur terre que pour leur reproduction qui commence quand ils ont 5/6 ans. La population occidentale est de 230 000 couples répartis dans huit pays européens dont 160 00 sur le territoire du Royaume-Uni (deux sites célèbres : Saint Kilda dans les Hébrides et surtout Bass Roc qui compte 20 000 couples comme sur l'Ile Rouzic (réserve des Septs Iles) en France).

La reproduction est stimulée par un effet de groupe : le succès de la nidification était plus élevé dans les grandes colonies que dans les petites. Le centre, occupé par des individus plus expériementés, voyait davantage de réussite des nichées que le pourtour. Pour des raisons de hiérarchie sociale, les plus jeunes s'installaient à la périphérie. Les couples sont unis pour la vie. Durant leurs premières années, les jeunes sont solitaires, grands voyageurs. Ils profitent de cette période pour choisir une colonie, avant d'y revenir peu avant leur maturité. Là, ils apprennent les régles de la colonie.

Les parades codifient leurs comportements : la parade nuptiale est prologue à leur accouplement, mais aussi la parade d'envol et de territoire.

Les nids se touchent dans les colonies les plus denses mais la densité maximale constatée correspond à 2,3 nids au m2. Un même nid peut être utilisé pendant plusieurs années de suite par les mêmes oiseaux.  C'est le mâle qui assure l'apport des matériaux avant l'incubation assurée par les deux parents.


Le poussin éclot en juin, et va être nourri par ses parents pendant 12 semaines. A 12 semaines, le petit pèse jusqu'à 4 kg. Il quitte alors la colonie et se dirige vers la mer. Il reste alors deux semaines à la surface, attendant de perdre ses réserves alimentaires qui le rende trop lourd pour l'envol.


La migration qui démarre en automne va se faire en suivant le contour des côtes alors que ces oiseaux pourraient couper au plus court en passant par un sruvol de la terre ferme. Les jeunes de l'année longent les côtes d'Europe, atteignant en septmbre le Golfe de Gascogne et en novembre les côtes africaines où ils passent l'hiver, du Maroc à la Sénégambie. Ceux de deux ans hivernent plus au nord et les plus âgés paraissent rester dans les eaux d'Europe occidentale.

Le Fou de bassan qui a plongé peut rester de 4 à 20 secondes immergé : ses narines ne sont pas perforées, il respire par le bec comme les cormorans. Il possède de véritables narines secondaires qui compensent les narines véritables : à la base de la commissure du bec, il existe une fente ouverte en permanence pour permettre à l'oiseau de respirer sans écarter les mandibules. Cette fente est protégée par un opércule corné qui doit se fermer quand l'oiseaux plonge.

Sa technique consiste à plonger à environ 5 mètres de profondeur en dessous du poisson, les yeux protégés, lors de la plongée, par la membrane nictinante et de tenter de capturer sa proie en remontant les yeux ouverts.

Le choc avec l'eau est amorti par les sacs aériens. Il s'attaque à des poissons de 2,3 à 30 cm (morues, cabillauds, lieux, merlans, anchois, capelans, harengs, sardines et maquereaux). Sa grande puissance de vol lui permet de pêcher jusqu'à 200 kms de sa colonie.

C'est donc un oiseau pélagique, solitaire ou en groupe en hiver, formant de grandes colonies en été.

Par Gypa l'barbu - Publié dans : Avifaune des côtes françaises
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